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-12 000

Harpon à barbelure unilatérale

Ce harpon en bois de renne attribué à la culture magdalénienne (-17 000 à – 9000) illustre l’importance de cet animal dans la vie quotidienne des hommes de la Préhistoire.

La culture magdalénienne à Saulges

Peu d’objets magdaléniens ont été mis au jour à Saulges. Ils n’en sont pas moins représentatifs de cette culture associée notamment au travail de l’os et du bois de renne. Il s’agit d’une pointe de sagaie et d’un harpon retrouvés dans la grotte de Rochefort.

C’est par l’art pariétal que la culture magdalénienne prend toute sa dimension dans la vallée de l’Erve. En effet, depuis 2005, année de la découverte des premières gravures dans la grotte Margot, les archéologues poursuivent annuellement recherches et relevés : chevaux, rhinocéros laineux, cervidés, bovidés, oiseaux, anthropomorphes accompagnés de nombreux signes graphiques abstraits sortent de l’oubli dans lequel ils étaient tombés depuis – 12 000 ans.
 

Le Renne, au cœur de la subsistance

La chasse au renne rythme la vie des chasseurs-cueilleurs nomades du Paléolithique : ces troupeaux migrateurs grégaires leur assurent nourriture, fourrure, substitut au bois de chauffage (voir le charbon d’os dans l’exposition), matière première des outils, graisse…

Ce harpon est  façonné à partir d'un bois de renne. Ces organes osseux vascularisés tombent annuellement entre la fin de l’automne et le début de l’hiver. Chez les individus mâles, ils repousseront au mois d’avril suivant. Il en découle deux modes d’acquisition des bois de cervidés : le prélèvement sur les individus abattus et le ramassage du bois de chute.

La fin de la culture magdalénienne correspond aussi à celle de ce système économique basé sur le renne. Le réchauffement climatique et le changement de paysage qui en découle les pousse vers le nord. Progressivement, cerfs, chevreuils et sangliers prennent leur place.
 

Le harpon à barbelure

Il formait la pointe d’une arme de jet utilisée autrefois pour la chasse ou la pêche. La rangée de petites dents rendait très difficile l’extraction de la pointe en os qui restait fichée dans l’animal touché. Cela permettait d’aggraver la blessure tout en évitant de perdre la pointe. Certains harpons composites ont pu être armés de lamelles de silex. Le musée présente également le moulage d’un harpon plus récent (Azilien) dont l’original était déjà signalé perdu par l’abbé BREUIL en 1931.

Bibliographie

BREUIL Abbé, « Quelques harpons inédits du Magdalénien et de l’Azilien », L’anthropologie, t. 41, 1931, p. 316-321. Consultable en ligne : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5433882b/f333.image.r=breuil%20quelques%20harpons?rk=21459;2

FONTANA Laure, L’homme et le renne. La gestion des ressources animales pendant la préhistoire, Paris, CNRS éditions (« Biblis »).

MONNIER Jean-Laurent, HINGUANT Stéphan, PIGEAUD Romain, ARELLANO Almudena, MELARD Nicolas, MERLE Didier, MOLINES Nathalie, MOULLE Pierre-Elie, « Art mobilier et parures sur matières dures animales : collections anciennes et découvertes récentes dans le Paléolithique supérieur de la vallée de l’Erve (Mayenne) », Mémoires de la Société préhistorique française, T. 39, 2005. Consultable en ligne : https://www.researchgate.net/publication/264193211_Art_moblier_et_parures_sur_matieres_dures_animales_collections_anciennes_et_decouvertes_recentes_dans_le_Paleolithique_superieur_de_la_vallee_de_l%27Erve_Mayenne

NAVEAU Jacques, Saulges et la Préhistoire en Mayenne. Vallée des grottes des Saulges – Musée de la Préhistoire – Guide du visiteur, Laval, Evron, Conseil départemental de la Mayenne et Communauté de communes des Coëvrons, 2017.

PIEL-DESRUISSEAUX Jean-Luc, Encyclopédie pratique des outils préhistoriques. 150 outils et gestes techniques, Paris, Dunod, 2011.

PIGEAUD Romain, « L’art des grottes de Saulges », Haute Normandie archéologie, t. 13, fascicule 1, 2008, p. 57-71